Un meilleur dosage

La semaine dernière un débat c’est amorcé concernant le nouveau site de Tourisme Montréal (tourisme-montreal point org (selon leur politique on ne peut pas faire d’hyperlien!!!!)). Dans la plupart des cas (ceux que je lis ou que j’ai vus linkés en tout cas) les gens ne sont pas satisfaits, particulièrement parce que le budget est connu: 1.5 $ millions et plusieurs trouvent que ça ne parait pas. Salé.

Je commencerai un peu en diagonale en donnant ma façon de faire, en partie, pour les projets clients.









  1. Déterminer les besoins et différents budgets du client.








  2. Trouver la meilleure solution disponible pour le client.
























  1. La meilleure exécution possible dans l’implémentation de cette solution.

    Vous remarquerez que j’a indiqué “différents budgets” et ensuite “disponible” et “possible”. Les clients ont presque toujours au moins 2 budgets, un monétaire et un autre côté temps. Il arrive par exemple que je livre une solution basée sur un logiciel Open Source qui ne remplie pas 100% des demandes du client, je ne parle pas de 50%, ce qui ne serait pas acceptable mais disons 95%. Si la solution Open Source de base, à laquelle on ajoute quelques modules couvre 95% des besoins du client et entre dans son budget (on ajoute évidemment les autres étapes comme le design, l’ergonomie, etc.), celà peut s’avérer un excellent résultat pour le client si les derniers 95% demandaient du code spécifique qui aurait nécessité un dépassement de budget de 30-40-50%.

    On propose les solutions, les alternatives, on discute du pour et du contre, la décision se fait et on exécute.

    Je parle aussi de la meilleur exécution possible, les mêmes paramêtres entre également en compte ici. Peut-être que la navigation que j’ai faite moi-même aurait pu bénéficier d’un ergonome, peut-être que le contenu écrit par le client aurait put bénéficier d’une rédactrice. Encore une fois, on discute, on pèse le pour et le contre, on décide.

    Toute cette longue introduction pour dire que je sais que ce n’est pas toujours possible de faire parfait, je sais que des décisions client entrent en jeux, je sais que ce que je (ce que tout le monde) fait n’est pas toujours parfait, cela n’empêche pas de faire des critiques, remarquer des détails.

    Finalement, je mentionne le tout parce qu’à 1.5 $ millions pour un site de cette ampleur, on s’attend à ce que très peu de ces restrictions s’appliquent, vous en avez eu du cash pour faire une job A+ (oui oui, le vidéo, j’y reviens).

    J’aime bien

    Eh oui, vous pensiez que j’allais vomir sur le Flash non? Pas cette fois-ci.

    Je trouve le site plutôt beau, contrairement à d’autres j’aime bien la palette de couleurs, la facture est assez contemporaine. Les vidéos sont super beaux et je les trouve très appropriés pour un site qui vise à montrer Montréal à des touristes potentiels. Certains détails visuels sont manquants ou curieux. Les triangles de points sur les boutons et éléments de la navigation principale par exemple me font chercher un menu déroulant, ce n’est que décoration. Le Flash qui se ferme avant de procéder à l’autre page, inutile. Le champ de recherche ou on ne voit pas le curseur, mélangeant. Le haut de page est un peu touffu et mélangé quand le bloc vidéo est fermé. Etc. mais globalement, je le répète, j’aime bien.

    Il y en a d’autres mais je vais m’attarder à deux aspects en particulier; le Flash (que je descend régulièrement) et l’intégration HTML-CSS (que je pratique comme boulot).

    Les vidéos et le Flash

    Plusieurs ont dit “ah non, pas un site en Flash”. Pas cette fois-ci. Premièrement parce que ce n’est pas un site en Flash, c’est un site en HTML comportant un module Flash pour afficher et interagir avec les vidéo, c’est l’utilisation parfaite pour le Flash. On peut critiquer l’exécution de certains aspects comme la gestion du bouton retour (back) mais le choix est approprié, c’est fait pour ça le Flash et on n’a pas de vrai équivalent pour ce boulot avec d’autres technologies, pas si on tiens compte des taux d’adoption en tout cas.

    Une autre critique envers les vidéos viens de Heri entre autres qui trouve que le site aurait du être plus “crowd sourced”, plus média citoyen. Je ne crois pas. On peut demander un volet citoyen, on peut regretter de ne les avoirs pas mis plus en vitrine, celà n’implique pas qu’on doiven enlever des vidéos professionnels comme ceux utilisés. L’un n’empêche pas l’autre et l’existence des vidéos “amateurs” n’oblige pas à banir les autres. Voir mon épilogue.

    Intégration

    Laurent l’a très bien montré, l’exécution côté HTML laisse grandement à désirer. Usage de tableaux, code non valide, mauvaise accessibilité, usage abusif the DOM Scripting. Autant la vidéo est lechée autant le code ne l’est pas. “On s’en fou c’est caché” diront certains. Faux. Je ne reviendrai pas ici en détail sur tous les avantages du code valide et bien fait mais celà à été prouvé à maintes reprises depuis plusieurs années, rapidité de rendu, meilleure indexaction, plus grande facilité de maintenance et de changements, plus fiable pour la constance d’un fureteur à l’autre, la liste est longue et une livraison de ce type ne devrait pas être accepté depuis plusieurs années.

    L’ensemble

    C’est ici que je reviens à mes points du début, de l’intérieur du projet on a accès à bien des informations et c’est fort possible que du point de vu des gens qui ont intégré, on ai manqué de temps et de budget pour faire mieux, que la cédule, les demandes de fonctionalité et le budget aient fait en sorte qu’on ne puisse fignoler à fond. J’aurais quand même des objections mais assumons que c’est vrai. À 1.5 $ millions l’argent était disponible, considérant la qualité des vidéos et le temps qu’ils ont du nécessiter, le temps pour le reste aurait du y être aussi en parallèle.

    Et c’est là je crois que le bas blesse. C’est, à la base, la raison de plusieurs critiques. Oui faire du vidéo ça coûte cher mais est-ce qu’on devait mettre une si grande part du budget dans leur réalisation? (j’assume que c’est la raison, si ce n’est pas ça, alors là c’est pire) On a quand même ici un site web. Pas un kiosque multimédia, un site web, faut s’attarder à sa réalisation globale, bien l’intégrer au web.

    Martin Ouelette de Provokat répond sur le blogue de Mario “oui mais c’est de la pub”. C’est le même genre de réponse que j’avais eues dans ma critique des Boomerangs “oui mais c’est créatifs, c’est de l’exploration artistique”. Oui mais c’est pas ça qu’on demande. Dans le cas des Boomerangs on parlait de “meilleurs site webs” pas des “sites les plus créatifs”, on donnait trop d’importance au Flash. Ici on parle d’un site web qui est la vitrine de l’organisme, il faut donc aussi penser à la qualité de l’info, à sa présentation, à sa lisibilité, à son indexation parce que oui, on veut que les gens le trouve le foutu site, c’est un site qui promouvois quelque chose que les gens peuvent chercher. Dire “c’est de la pub” ou “faut que ça soit beau c’est pour attirer” ça marche mais c’est réducteur. Si on parlait de visitez.tourisme-montréal point org et d’un micro site qui frappe, ok. Le site principal qui doit faire toutes les jobs, moins certain.

    Plusieurs ont parlé d’un “produit d’agence” et c’est à ça qu’ils font allusion; priorité le tape à l’oeil. C’est aussi pour ça que je remmène mon histoire de Boomerang, c’est un peu beaucoup la même bataille, encore la même différence entre les façons de voir le web.

    Conclusion

    Mais bref, je l’aime bien le site moi. C’est juste que pour un tel montant, on aurait pu s’attendre à un meilleur dosage entre les “morceaux” de façon à ce que tous les aspects kick des culs. Il est beau, il est assez réussi mais c’est aussi une opportunité manquée (pour le moment?) de lancer quelque chose de super bien à tous les niveaux.

    Épilogue

    Quand je me suis attaqué aux Boomerangs il y a quelque mois, une des répliques données en réponse affirmait que c’était évident que je critiquait pour valoriser mon domaine et me trouver de la job. C’était complètement faux mais le point est quand même, accessoirement, valide; tout le monde (et j’en suis parfois) prêche toujours pour sa paroisse, remarque ce qui manque dans un site, dans un projet, selon la lentille de sa spécialité. C’est compréhensible, on en fait toute la journée c’est ce qui attire notre attention. J’aimerais quand même que nous fassions tous un effort pour être moins radicaux dans nos remarques et penser un peu plus en détails et de façon hollistique, question de progresser et pas juste se pogner.









    • Le Flash n’est pas toujours mauvais, il est beaucoup trop utilisé dans certains domaines mais a sa valeur.








    • Les solutions de type “Web 2.0” comme les blogs (j’ai une autre entrée en tête sur ce sujet) et le “crowd sourcing” ont leur place mais ne doivent pas obligatoirement toujours remplacer les solutions plus “classiques”.
































  • L’indexation, l’accessibilité, l’utilisabilité doivent se marier avec les autres aspects du site, pas les remplacer complètement au point d’en faire un site totalement inintéressant.

    Ça semble super évident comme commentaire et comme demande mais relisez plusieurs des entrées parlant du site et ça manquait

    [Mise à jour] La politique anti-hyperlien était une erreur.

  1. “L’indexation, l’accessibilité, l’utilisabilité doivent se marier avec les autres aspects du site, pas les remplacer complètement au point d’en faire un site totalement inintéressant.”

    Je pense pour ma part qu’une utilisabilité et une accessibilité réussies profitent à tous les publics et sont invisibles. Et c’est avec les contraintes que la créativité s’exprime au mieux.

    Tu écris : “la liste est longue et une livraison de ce type ne devrait pas être accepté depuis plusieurs années”, je ne saurai dire mieux, surtout dans cette gamme de prix et d’intervenants. C’eut été le site web de mon plombier, je serai beaucoup plus indulgent et je n’en parlerai même pas, mais on doit trouver des sites de plombiers mieux fait que ça.

    Nier à ce point les règles de bases de l’accessibilité, je ne sais pas quel message on transmet si ce n’est le mépris, mépris de certains publics, mépris du travail bien fait. On se fout des vieux, des mal voyants, des handicapés moteurs, pas des touristes désirables ?

    L’équation, c’est donneur d’ordre pas très au fait des technologies (comment le blâmer… à défaut d’éduquer)) et contractuels incompétents (à dénoncer avec vigueur à défaut d’éduquer). Plus une législation sur l’accessibilité des sites Web d’organismes publics et para-publics inexistante.

    D’autre part, on veut du bling-bling et on nous montre reconstituée en 3D une ville “glamour”, “trendy-chic” pour des gens jeunes, beaux, en santé et pleins de fric ? Une cité imaginaire. Alors, ok, tout est assez cohérent, le codage comme la vidéo. C’est du beau marketing, mais du marketing de l’éphémère. Un décor de cinéma qui cache le sordide. De la pub.

    Enfin, l’argument des délais ne fonctionne pas du tout pour moi. Les gens compétents ne font pas l’impasse sur les bases, parce que ça ne prend pas plus de temps. Ils ne sabotent pas leur boulot, parce que c’est une perte d’énergie, et qu’ils auraient trop honte. J’ai piloté de nombreux projets de l’envergure de ce site, je crois savoir de quoi je parle. C’est une question de qualité, pas propre à la production Web.

    C’est un peu comme la construction d’une maison. Oh, elle est très belle, tout le monde s’extasie. Mais les fers à bétons sont trop courts et mal agencés, le ciment mal préparé, les enduits pas secs, les hauteurs de marches d’escaliers mal calculées, la plomberie défectueuse, les portes s’ouvrent dans le mauvais sens, etc. etc. C’est un problème d’accessibilité et de pérennité. Et de qualité qui ne coûte pas plus cher. Et l’incompétence est toujours dispendieuse.

    Ce genre de site a le don de me mettre en colère, j’imagine que cela se voit.

  2. Par contre, les critiques “c’est pas web 2.0”, “c’est pas assez participatif”, “il y a pas de mash-up”, etc. Ça me fait doucement rire. Surtout quand ça vient de gens dont l’esbroufe 2.0 est le fond de commerce.

  3. Ce qui m’a passablement énervé c’est le peu de travail qui a été mis du coté recherche et bd. Un site de ce prix qui ne se rapelle pas que tu veux 20 résultats d’une recherche consécutive à l’autre et qui montre aux touristes qu’il y a seulement 141 restaurants à Montréal c’est cela qui me fait particulièrement suer !

  4. “Je pense pour ma part qu’une utilisabilité et une accessibilité réussies profitent à tous les publics et sont invisibles. Et c’est avec les contraintes que la créativité s’exprime au mieux.”

    C’est vrai, mais c’est rarement ce qui se passe.

  5. Pour ce qui est de “l’interdiction de lier”, quelqu’un de sensé chez Tourisme-Montréal va réviser ça très bientôt.

  6. Laurent Gloaguen commentaire #2:

    ah oui, en lisant ton premier commentaire, on conclut que le web accessible c’est (ou ça a été) ton fonds de commernce.

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